Deuxième interpellation par la CGT 78 du Medef et des pouvoirs publics

Au MEDEF 78

A la Préfecture des Yvelines

A l’Agence Régionale de Santé – délégation yvelinoise

Au Conseil Départemental

Copie aux organisations CGT et à la presse

 

Trappes, le 19 mars 2020

 

Mesdames, Messieurs,

Notre organisation a pris la mesure de la crise sanitaire qui touche l’ensemble des populations et pays de notre planète. Les mesures de strictes limitations des contacts sociaux font partie des principales solutions face au danger de la maladie elle-même et à la situation critique dans les services hospitaliers. L’Italie va prolonger les mesures de confinement.

Nous sommes bien conscients qu’un certain nombre d’activité doivent être maintenues : celles liées à la santé et à la solidarité ou à l’aide à domicile des personnes fragiles ou isolées, à l’alimentation, aux fluides, au ramassage des ordures, au transport… Elles doivent être menées dans les meilleures conditions de protection de la santé possibles. A l’inverse, de nombreuses activités ne sont pas essentielles et doivent être stoppées. Leur maintien engendre des déplacements et des contacts, dont le risque n’est pas nul, d’autant plus que les entreprises sont loin de prendre toutes les mesures de protection des salariés appropriées.

Tous les employeurs, notamment dans les petites et moyennes entreprises ou encore les particuliers employeurs, n’ont pas les informations nécessaires pour mettre en œuvre leurs obligations de préserver la santé de leurs salariés. D’autres font visiblement passer leurs intérêts économiques avant ceux de leurs salariés et de l’intérêt collectif. Un exemple : l’entreprise Selmer à Mantes, qui fabrique des instruments de musique, a demandé à des salariés de venir travailler. Si la CGT revendique la culture comme un élément essentiel du bien-être, produire des instruments n’a rien d’essentiel dans la période. Des entreprises, après avoir fermé, annoncent à leurs salariés une réouverture dans les prochains jours, profitant, au passage, de la situation de crise sanitaire pour modifier les horaires ou à la durée du travail, y compris à la baisse sans maintien de rémunération.

 

Les mesures prises pour s’attaquer à l’épidémie de Covid-19 ont des conséquences pour les salariés, soit sur les risques sanitaires pour ceux qui doivent travailler, soit sur leurs revenus : le poids des primes et éléments variables de rémunération va se faire particulièrement sentir par leur absence, le chômage partiel…

Nous demandons :

– l’arrêt des activités non-essentielles, parce que la recherche du profit a encore moins de sens qu’à l’accoutumée. Il en va de la santé des salariés et de leurs familles. Il en va aussi de l’impérieuse nécessité de ne pas engorger davantage les services de secours et les établissements de santé.

– la reconnaissance du caractère prioritaire de certaines missions qui n’ont pas ce statut aujourd’hui, par exemple les professionnel.le.s de l’Aide Sociale à l’Enfance intervenant dans les foyers de protection de l’enfance et des professionnel.les des Centre de Protection Maternelle et Infantile. Ces agents doivent pouvoir recourir aux dispositifs de garde d’enfants pour assurer leurs missions essentielles.

– la garantie du maintien des revenus des salariés, y compris les travailleurs ubérisés économiquement dépendants (les dispositions actuelles étant inadaptées à leurs réalités), les intérimaires et contrats précaires ainsi qu’un moratoire sur les crédits et les loyers pour les particuliers, la hausse des aides au logement.

– l’arrêt des réorganisations et licenciements, y compris dans les services publics. Leur utilité est reconnue de toute part, le manque de moyens et d’investissement ainsi que les suppressions de poste des dernières années, notamment à l’hôpital, montrent leurs effets délétères. Il est indécent de voir qu’un établissement hospitalier inscrive à l’ordre du jour d’un CT exceptionnel (finalement annulé) le plan d’équilibre budgétaire et d’éventuelles suppressions de poste !

– des mesures envers les personnes précaires ou isolées. Des dispositions rapides doivent être prises pour elles : mise à l’abri des personnes sans domicile fixe, aide alimentaire, alors que de nombreuses associations ont cessé ou diminué leur activité, rétablissement de la fourniture d’électricité, de gaz et d’eau pour les personnes coupées, prise de contacts et aide avec les personnes isolées car âgées, en situation de handicap… Notre union syndicale des retraités est mobilisée et a déjà appelé nombre de nos adhérents âgés. Certains ne sont même pas au courant des mesures en vigueur sur les restrictions de circulation.

– des équipements et mesures de protection pour tous les salariés de secteurs essentiels. Nous pensons aux transports en commun et de marchandises, aux salarié.es de l’aide à domicile pour la partie nécessaire de leurs activités (car à l’inverse nous avons eu le témoignage d’une auxiliaire parentale que son employeur, en télétravail, voulait quand même faire venir pour garder les enfants de 16 à 19h, alors qu’en plus elle se déplace en transports en commun) et bien sûr aux salariés des commerces indispensables. En cas d’affluence, le nombre d’entrées doit être régulé, du gel hydroalcoolique doit être disponible pour les salariés mais également les clients, des mesures prises aux caisses (espacement lors de l’attente pour le passage en caisse, vitre en plexiglas…). Certains magasins ont pris des mesures qui méritent d’être saluées, mais on ne peut laisser cela au bon vouloir des directions, locales ou nationales. Par ailleurs, les mesures prises pour éviter les contacts avec la clientèle doivent dégrader le moins possible les conditions de travail (par exemple le recours au travail de nuit n’est pas la seule solution pour la mise en rayon en l’absence de clients, on peut envisager une modification des horaires d’ouverture).

Dans la période, le rôle des organisations syndicales est important, et nous regrettons qu’en dehors d’une réunion sous l’égide de la Direccte début mars, prévue de longue date et à laquelle un point Covid-19 a été ajouté au dernier moment, aucune communication ni sollicitation des représentants des salariés, privés d’emploi, retraités et consommateurs que nous sommes n’ait eu lieu.

Nous demandons qu’un point sur la situation dans le département soit fait par la Préfecture aux organisations syndicales et que des moyens pour échanger, remonter des situations préoccupantes ou poser des questions soient mis en place.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, nos salutations distinguées.

Pour l’UD CGT des Yvelines

Sonia Porot

Secrétaire générale

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