30 janvier 2018 : une belle journée de mobilisation dans les EHPAD et chez les retraités

A l’occasion de la première journée d’action nationale dans les EHPAD, le 30 janvier 2018, ce sont des centaines de salariés, de l’aide-soignante à la directrice en passant par les infirmières, de résidents et de proches qui se sont mobilisés aujourd’hui dans les Yvelines à l’appel de la CGT !

30 janvier 2018, rassemblement devant la maison de retraite Korian Poissy

A Sartrouville à l’Ehpad des Oiseaux à l’appel de la CGT, rassemblement devant l’entrée de l’établissement de 14h à 15h, 26 grévistes sans compter les salariés assignés pour assurer le service minimum, et 7 familles présentes tout au long du rassemblement.

A l’Ehpad de Versailles, débrayage ce matin vers 11 h et cette après midi vers 14h, soit au total 25 agents mobilisés.

A Poissy, grève d’une heure avec rassemblement devant les établissements Korian et Eleusis, soit une cinquantaine de salariés en lutte.

A Carrière sous Poissy, débrayage à 16h30 à la maison de retraite Korian.

Des mouvements de grève avec rassemblement ont également eu lieu dans deux Ehpad de Mantes, ainsi qu’à Gargenville, Meulan et Rambouillet.

L’Union Syndicale des Retraités CGT du département a particulièrement soutenu la mobilisation des salariés, aux côtés de nombreux résidents et leur famille. Une cinquantaine de retraités se sont d’ailleurs rassemblés aujourd’hui à 11h devant la Préfecture, pour l’amélioration de leur niveau de vie (augmentation des pensions de retraite, réduction dans les transports…). Ils ont été reçus et ont pu remettre 500 cartes pétition.

Pour l’UD CGT des Yvelines, la question des conditions de vie des personnes âgées et/ou dépendantes est un enjeu de société. Non seulement parce que la manière dont une société traite les personnes fragiles, en l’occurrence celles qui ne travaillent plus parce qu’elles sont retraitées, en dit long sur le niveau de développement social d’une société ; mais aussi parce que se pencher sur ce thème conduit à s’intéresser à de nombreux phénomènes :

– celui de la place des services publics, où pour les EHPAD comme pour d’autres, on constate une baisse des moyens et des emplois, au profit du privé. La majorité des EHPAD des Yvelines sont privés (c’est un des départements franciliens où la proportion est la plus élevée), gérés souvent par de grands groupes qui en tirent des profits substantiels. Cela est possible grâce aux loyers extrêmement élevés, à un taux d’encadrement insuffisant, à des prestations envers les personnes hébergées qui sont parfois plutôt de la maltraitance…

– Travailler de cette manière, ne pas pouvoir bien s’occuper des résidents révolte les salariés. Ce n’est pas un hasard si ce sont majoritairement des femmes qui sont salariées des EHPAD, avec ce que le sexisme structurel entraine : les métiers féminins sont déconsidérés, plus mal payés, avec des horaires plus souvent déstructurés… Améliorer la situation dans les EHPAD est aussi un enjeu pour l’égalité femmes-hommes, dont le gouvernement prétend en faire un sujet prioritaire.

– les conditions de travail des agents des Ehpad et les conditions de vie des résidents sont totalement liées. Le nombre insuffisant d’emplois conduit à des cadences infernales, qui ne permettent pas une réelle prise en compte des besoins (physiques mais aussi en termes de socialisation et de contact humain) des personnes hébergées.

– l’enjeu du financement, qui est un enjeu de solidarité sur tout le territoire. Evidemment, la politique de baisse ou suppressions de cotisations sociales employeur, la politique fiscale en faveur des plus riches ne permet ni à l’Etat ni à l’Assurance Maladie de financer l’hébergement des personnes dépendantes à la hauteur des enjeux. Le Conseil Départementale, financeur lui aussi, tient bien à préciser que concernant les personnes âgées et les personnes handicapées, les hausses du budget 2017 « sont dues à une augmentation du nombre de personnes placées en établissement spécialisé ». Mais qu’en est-il du maintien à domicile, alternative à l’hébergement dans certains cas, mais qui peut demander un certain accompagnement. C’est notamment le rôle de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), gérée là aussi par la Conseil Départemental, qui a supprimé récemment un certain nombre d’espaces de proximité.

L’UD CGT des Yvelines, avec les Unions Locales, l’Union Syndicale Départementale Santé Action Sociale, les militant.es CGT et salarié.es des EHPAD, publics et privés, continuera à agir et mobiliser pour une prise en charge digne et respectueuse des résidents et de l’ensemble du personnel !

Trappes, le 30 janvier 2018

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