EHPAD : la vie oui, le profit non ! Salarié.es, résident.es, familles et retraité.es ensemble

* Ehpad : Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (anciennement « Maisons de Retraite »)

Lundi 25 mai : comme ailleurs dans les Yvelines et partout en France, les salarié.es de Korian Poissy étaient en grève. Parmi leurs slogans :
« La vie avant les profits », « une chambre à 3000 euros : plus de qualité ? non, plus de profits ! », « les soignants comptent les morts, eux comptent leurs profits ! »
On ne peut pas mieux dire. Comme des milliers en France, elles et ils viennent de vivre, avec leurs résidents, deux mois d’enfer. Chez les résidents, une hécatombe. Pour les salarié.es, une tragédie. Pour les familles de résidents, un traumatisme. Tout cela sera long à cicatriser.

Comment en est-on arrivé là ?

Depuis plusieurs années, les salarié.es des Ehpad1 réclament des emplois, des moyens, des revalorisations
salariales qu’on leur refuse :
« On n’en peut plus ! Assez ! ». Macron ne les a pas plus entendus que les
gouvernements précédents. Alors, malgré ces cris d’alarme, la situation est devenue de plus en plus critique.
Pourtant, ils ne demandaient pas la lune :
qu’on revalorise leurs salaires et qu’on reconnaisse leurs
qualifications ; des effectifs suffisants pour soigner et accompagner dignement les personnes âgées en perte
d’autonomie
.
C’est sur cette situation déjà très dégradée qu’a surgi l’épidémie du Covid-19. En soi, le virus se présentait comme un danger redoutable, mais
la pénurie des emplois et des moyens a été un facteur aggravant. La gestion calamiteuse de la crise sanitaire a fait le reste.

Manque de masques, absence de tests

Les salarié.es des Ehpad sont au contact de personnes âgées très vulnérables. Pourtant pendant des semaines, dans de nombreux établissement, ils n’ont pas bénéficié de masques et les tests massifs n’ont pas été réalisés.
Dans son enquête publiée le 6 mai, le journal « Le Monde » écrit :
« Le manque de masques a conduit les
soignants à transmettre le virus à des résidents qui l’ont payé de leur vie. La peur de la pénurie à tous les étages – au niveau de l’Etat, des Agences régionales de santé (ARS) et des directeurs d’Ehpad – a, de fait, conduit à un engrenage funeste
. »
Lorsque les masques ont été largement disponibles, le mal était déjà fait.
Des semaines cruciales ont été
perdues, qui auraient évité de nombreux morts
.
Même incurie concernant les tests. « Le Monde », qui a eu accès à des échanges entre des Ehpad et les ARS,
révèle que
« la volonté de certains Ehpad de tester préventivement leur personnel et-ou leurs résidents se heurte à la doctrine suivie en matière de dépistage de la nouvelle maladie (…) des Ehpad qui souhaitaient aller plus loin en ont été empêchés par leur ARS, contraintes de prioriser l’utilisation d’une quantité limitée de tests virologiques

Malgré la loi du silence, les bouches s’ouvrent

Pendant ce temps-là, alors les chiffre sur les décès dans les Ehpad ne sont pas communiqués, des nouvelles
terribles nous parviennent de plusieurs Ehpad des Yvelines : 20 morts ici, au moins 10 ailleurs, 25 plus loin, des
témoignages poignants : «
ici, la situation devient inquiétante … à ce rythme, on va rester sur le carreau », « la
situation chez nous est catastrophique … les protocoles ne sont pas respectés
», « ici, c’est difficile à vivre,
l’ambiance est morose, on verra la suite
» … et, avec chacun de ces témoignages, le bilan des décès, des salarié.es contaminées, en arrêt. Nous pouvions suivre, grâce aux salarié.es et nos syndiqué.es, la progression d’un terrible bilan.

Un lourd tribut payé par les résidents et les salarié.es

Au 11 mai, dernier chiffre communiqué par Santé Publique France, on pouvait estimer, pour les Yvelines, à 600
résidents d’Ehpad décédés dans l’établissement ou à l’hôpital. Une véritable hécatombe au regard des 9.000
résidents du département répartis dans 80 établissements ; Près de 1.500 salarié.es contaminé.es, soit près de 30 % du personnel. Au plan national, ce sont environ 15.000 résidents décédés, soit la moitié des morts recensés.
Des mesures prises autoritairement, sans concertation avec les familles, ont empêché de nombreux résidents à
finir leur vie en présence ou à proximité de leurs proches. Souvent, ce sont les salarié.es qui les ont accompagnés jusqu’au dernier moment, qui ont recueilli leurs derniers souvenirs, leurs dernières paroles.

Ensemble, retraité.es, personnes âgées, personnels des Ehpad
Nos revendications sont les mêmes :
Augmentation des effectifs : 1 soignant pour 1 résident
–  Un financement pérenne et solidaire pour la prise en charge de la perte d’autonomie dans le cadre de
la branche Maladie de la Sécurité sociale et la création d’un grand service public de la Santé et de
l’Action Sociale
–  Revalorisation des salaires, reconnaissance des qualifications et de la pénibilité

Des Ehpad publics en grand nombre et des coûts accessibles

Le saviez-vous ? Dans les Yvelines, 83 % des Ehpad sont privés et financés en grande partie par de l’argent public. Le coût d’hébergement médian est de 3.200 euros, soit plus que le double de la pension moyenne des retraité.es.
Qui peut se payer cela ? Pas les personnes âgées ni leurs familles. Par contre, les groupes privés, les fonds de
pensions … les capitalistes, s’en mettent plein les poches, Korian et d’autres !
C’est pourquoi nous exigeons la
construction et mise à disposition d’Ehpad publics, en grand nombre, offrant
des places suffisantes avec des coûts d’hébergement compatibles avec le montant des pensions
.

Ils nous méprisent, on se mobilise !

Nous avons interpellé le Préfet des Yvelines sur la situation des Ehpad : par un courrier des retraités CGT des
Yvelines, puis un autre de l’ensemble des organisations de retraités des Yvelines … Aucune réponse, alors que
nous demandions une rencontre !
Face à un tel mépris, seule la mobilisation permettra d’obtenir satisfaction !

Tract de l’Union Syndicale des Retraités CGT des Yvelines : usr78cgt@orange.fr
http://cgtusr78.canalblog

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