La CGT 78 interpelle le Préfet et le Conseil Départemental sur la gratuité des masques

Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil Départemental

La crise sanitaire liée au coronavirus que connaît la planète entière est loin d’être terminée ni d’avoir montré l’ensemble de ses conséquences, sanitaires, sociales, économiques…

Si nous regrettons le discours, sans doute lié à la pénurie, tenu il y a quelques mois sur l’inutilité du port du masque sauf en cas de symptômes, qui contribue aujourd’hui à la perte de confiance dans les consignes sanitaires, nous constatons aujourd’hui que le masque est devenu un des principaux outils de prévention des contaminations. Son port est obligatoire dans de plus en plus de lieux, sous peine de contravention.

Une politique de prévention efficace repose notamment sur l’accès à des informations fiables et détaillées (et cela inclut tout ce qui favorise la compréhension des méthodes de recherche scientifique, avec leur part d’incertitude et l’évolution dans le temps des connaissances mais également l’accès aux informations pour les personnes ne maitrisant pas suffisamment le français ou l’écrit) et sur l’accès, simple et gratuit, aux équipements de protection.

Au moment du confinement, le prix des masques a fortement augmenté, souvent d’un facteur 10, et l’encadrement des prix s’est fait en entérinant cette hausse. L’usage correct du masque, gage de son efficacité, demande qu’il soit changé toutes les 4 heures ou s’il est humide ou endommagé. Comme c’est déjà le cas dans les transports en commun, son port sera obligatoire pour tous les élèves de plus de 11 ans dès la rentrée (dont nous nous inquiétons, au vu de l’absence de moyens supplémentaires pour du personnel supplémentaire, des adaptations au niveau des locaux et tout simplement pour permettre à l’école de jouer pleinement son rôle pour l’instruction de la jeunesse). Les masques en tissu imposent de plus un lavage à 60°C. Tout cela représente un coût conséquent pour les ménages.

Pour une famille de 4 personnes, le budget pour des masques est compris, selon les estimations d’associations de consommateurs, entre 100 et 300 euros par mois, selon le type de masques. Outre le manque de valorisation (sociale, professionnelle et salariale) de nombreux métiers essentiels à la vie commune, la crise sanitaire a aussi entrainé une paupérisation : perte d’emploi ou de chances d’en trouver un, activité partielle entrainant une baisse des rémunérations (et de nombreuses entreprises dans notre département ont prévu un maintien du dispositif pour au moins plusieurs mois : réparation de moteurs d’avions, tourisme,…), inéligibilité à l’indemnisation chômage ou aux minima sociaux (intérimaires, auto-entrepreneurs, travailleurs sans-papiers…) ou encore difficultés liées aux démarches numériques. S’y ajoute une compensation largement insuffisante de la présence à domicile lors du confinement, qu’il s’agisse des frais liés au « télétravail » (mis en place dans l’urgence et de manière très dégradée) ou à la garde des enfants à domicile.

Nous savons que le Ministère de la Santé a annoncé la distribution de masques (en tissu, donc assurant une protection moindre que les masques chirurgicaux jetables) aux personnes les plus précaires : nous souhaiterions savoir combien de foyers et de personnes sont concernées dans les Yvelines, ainsi que les critères d’attribution.

Cette mesure ne nous apparaît pas suffisante au vu des enjeux, et nous demandons un accès libre et gratuit aux masques, afin que soit assurée au mieux la protection sanitaire de la population.

Par ailleurs, les lieux de travail (qui peuvent consister en des lieux d’hébergement collectif) forment une part importante des foyers de contamination. Nous constatons que le port du masque dans les entreprises où les conditions l’exigerait est loin d’être généralisé ou fait de manière adéquate. De nombreuses entreprises ont émis des consignes sur le port du masque, mais ne se donnent pas les moyens de les faire respecter. Des adaptations de l’organisation du travail peuvent ainsi rendre le port du masque moins désagréable : pauses supplémentaires, baisse de l’intensité du travail, télétravail (dans des conditions respectant l’ANI)… Cela ne concerne pas que les salariés ouvriers ou employés : dans des entreprises employant de nombreux cadres et ingénieurs, des réunions physiques se tiennent sans masques, on incite les salariés à revenir sur site de manière indifférenciée…

Enfin, nous aimerions connaître les changements, mesures mises en place ou prévues pour éviter, si un nouveau pic épidémique survenait, ce qui semble fort probable, la pénurie ou le manque de nombreux équipements de protection, à commencer pour les professionnels de la santé et du soin aux personnes âgée ou en situation de perte d’autonomie, la saturation des hôpitaux et la surmortalité qui en a résulté, notamment pour les personnes âgées résidant en EHPAD.

 

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