Mettre fin au racisme et aux inégalités, pour le progrès social !

Le 25 mai dernier, les Etats-Unis ont été secoués par le meurtre de George Floyd par un policier. Le 23 février, à Brunswick en Géorgie, c’est Ahmaud Arbery, un joggeur, qui est poursuivi et assassiné par deux hommes blancs. La seule raison de ces meurtres ? Leur couleur de peau. Ces deux meurtres ont été filmés et diffusés et ont permis de montrer au plus grand nombre que les actes racistes ne sont pas des reliques du passé. Mais combien de crimes comme ceux-là n’ont pas été filmés ? Combien de personnes ont-elles été harcelées, blessées, tuées au nom d’une idéologie raciste ?

Ces crimes font échos en France au meurtre d’Adama Traoré en 2016 mais il y en aurait bien d’autres à citer… Ils font échos dans les Yvelines aux violences policières et au traitement indigne subis par les lycéens de Mantes-la-Jolie le 6 décembre 2018 ou à ce travailleur sans papier, vendeur de souvenirs à Versailles qui, en fuyant un contrôle de police, s’est fait percuter par une voiture et s’est fracassé le crâne en tombant. Ismaila Deh n’a pas survécu à ses blessures. Il y a quelques jours, le Défenseur des Droits a rendu un rapport concluant à une « discrimination systémique » de policiers du 12ème arrondissement de Paris à l’encontre de jeunes, Noirs, Arabes ou jugés comme tels. Il y a quelques mois, le tribunal des prud’hommes de Paris a rendu un jugement contre l’employeur de travailleurs sans-papiers maliens (défendus par la CGT) décrivant un « système organisé de domination raciste. »

Ces exemples illustrent deux problèmes qui s’entrecroisent, et qui demandent une réflexion qui dépasse le seul cadre de l’institution policière : 

–     celui du racisme structurel, c’est à dire des rapports sociaux qui, au-delà de l’adhésion individuelle à des idées racistes, conduisent à des pratiques institutionnelles discriminatoires ou contraire à l’égalité, à l’école, au travail, dans l’accès au logement, dans la vie quotidienne ;

–     et celui des violences policières, c’est à dire de la politique sécuritaire et judiciaire menée dans le pays. Si les contrôles au faciès et ce qu’on appelle un peu facilement « bavures » ou « dérapages » touchent particulièrement les personnes issues des minorités, le problème est plus large. Depuis les mobilisations contre la loi Travail en 2016, des centaines de manifestants ont subi des charges policières, des « nassages », des jets de lacrymogènes, des tirs de flash-balls laissant de trop nombreuses personnes mutilées. C’est donc la question du droit effectif de manifester qui est en jeu, avec de plus dans la période la loi d’état d’urgence sanitaire interdisant les rassemblements de plus de dix personnes. Elle n’a pas empêché à de multiples reprises que s’exprime la volonté d’une égalité concrète qui doit prendre en compte la diversité des individus, d’une autre politique sociale, pour notre système de santé et de protection sociale, pour les métiers essentiels mais invisibles (souvent précaires, souvent majoritairement occupées par des femmes et/ou des immigrés : soins, ramassage des déchets, commerce, manutention, nettoyage, sécurité…).

La CGT 78 tient à rappeler le combat que nous menons contre les idées de haine, les LGBTphobies, le sexisme, le racisme et l’antisémitisme, qui sont relayés par des personnalités politiques et médiatiques. Nous tenons à souligner que ces idées, ces mots peuvent tuer, comme le rappellent les attentats et tentatives d’attentats suprémacistes, en France comme dans d’autres pays occidentaux. Elle tient à dénoncer toutes les discriminations, qu’elles interviennent sur le lieu de travail, à l’école ou dans la rue et à réaffirmer la nécessité de l’égalité des droits, de la régularisation des sans-papiers et de la justice sociale.  Nous nous tenons aux côtés de toutes celles et ceux qui sont en lutte pour une société de progrès social.

Un rassemblement en hommage à George Floyd est organisé mardi 9 juin à 18h place de la République.

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