Protection de l’enfance au Conseil Départemental 78 : une lutte au long cours

Face à la détérioration des conditions de travail et la dégradation des missions au service de la population, le personnel et la CGT se sont mobilisés depuis plus d’un an sous diverses formes…

  • 1er semestre 2018 : Organisation de nombreuses heures d’informations syndicales par la CGT, travail de terrain poussé etc… => Élaboration par services de nombreux courriers d’équipes signés par 10 à 20 agents par services…
  • Octobre 2018 : Assemblée générale par la CGT réunissant les agents de tout le département => Élaboration d’une lettre ouverte qui sera signée par plus de 400 agents de l’action sociale et médico-sociale en novembre 2018.
  • Janvier 2019 : Suite à la lettre ouverte et plusieurs relances une délégation CGT est reçue le 28.01.2019 par la Conseillère départementale mandatée par M. BÉDIER
  • Février 2019 : Assemblée générale par la CGT et adoption d’une motion spécifique des professionnels de l’enfance
  • Février 2019 : Initiative symbolique CGT, rassemblement d’une trentaine d’agent tournant le dos à la collectivité et diffusion / communication de photos.
  • Mars 2019 : mouvement de grève (CGT,FAFPT et FO, intersyndicale initiée, impulsée et organisée par la CGT… CFE-CGC et CFDT n’ont pas accepté l’intersyndicale). Grève suivie par près de 350 agents de l’action sociale et l’enfance, manifestation à Versailles 210 manifestant (chiffre police)

En parallèle à ces initiatives les élus CGT sont intervenus à chacune des instances Comité technique, CHS-CT, Réunion dites de « concertation » pour évoquer les problèmes des services et agents concernés et les revendications… Exemple ci-contre lors d’un CHS-CT avec point à l’OdJ obtenu à la demande des élus CGT. Dans le même temps, la CGT a interpellé par écrit Conseillers départementaux, M. Bédier, DRH, DGS très régulièrement.

Face à ces actions la collectivité a joué le pourrissement, à différé les réponses, promis, reporté, des réunions de travail etc… mais au final a dû accepter à la demande des représentants du personnel CGT d’inscrire ces sujets à l’ordre du jour du CT et du CHS-CT.
Nos interventions en instance et courriers étaient à chaque fois, autant de leviers sur lesquels nous communiquions ensuite sur le terrain : avant pour annoncer le courrier ou l’instance, recueillir les réactions, propositions, témoignages de terrain; après pour dénoncer l’inertie institutionnelle et les quelques avancées grappillées au fil de l’eau…

  • Juin 2019 : Constitution d’un groupe de travail CGT enfance associant des professionnels enfance de différentes fonction et service, production d’analyse qualitative et quantitative pour appuyer nos interventions. L’analyse fait ressortir un service encore plus en difficulté » que les autres.
  • Fin juin 2019 : Dépôt d’un droit de retrait par tous les professionnels enfance d’un service (celui où les chiffres sont criants pour illustrer le sous-effectif et la souffrance au travail).
    La CGT intervient alors en lien très étroits avec les collègues, téléphone, rencontres extérieurs et sur le temps du midi, mais de façon moins visible.
    Nous les soutenons sur l’objectif d’acculer la collectivité à prendre en compte le droit de retrait comme un point de rupture des professionnels (et non comme une forme collective de mobilisation autre que la grève, vraiment sous l’angle « risque de danger grave et imminent », en l’occurrence un avis d’inaptitude au travail a été donné pour un agent par la médecine du travail).
  • Début Juillet : CHS-CT extraordinaire suite au droit de retrait où nous obtenons plusieurs avancées pour le service et pour l’ensemble des agents des Yvelines concernés.

L’exercice du droit de retrait aura duré 10 jours, suivi jusqu’au bout collectivement par tous les professionnels du service malgré les pressions sur les contractuels, les pressions collectives et individuels de la DRH et la direction disant que l’action était illégale etc….

Ces actions ont finalement permis d’obtenir des avancées après des semaines et des mois de mobilisation du syndicat et du personnel.

Nous avons obtenus pour les services enfance du département :

  • des renforts pérennes de personnels,
  • des renforts provisoires de personnels intérimaires en période de crise,
  • une redéfinition des missions attribuées pour réadapter la charge de travail,
  • un accompagnement hiérarchique et technique revisité,
  • un soutien psychologique individuel et collectif des professionnels enfance,
  • l’attribution de moyens matériels (sièges auto, jouets, chaises hautes…),
  • le lancement d’un appel d’offre pour réinstaurer les Groupes d’Analyses de Pratique…

D’autres négociations sont encore en cours notamment pour obtenir la création d’une cellule dédiée sur la gestion des « astreintes » enfance, cette cellule allègera la charge de travail des professionnels et améliorera la qualité du service. Une délégation CGT est reçue le 18.09, s’est plutôt bien engagé…

La journée de grève de mars était au final une action parmi de nombreuses, ce n’était qu’un outil parmi d’autres, l’essentiel étant le travail de terrain perpétuel, la ténacité syndical, la communication… Le collectif, ça marche !

Extrait d’intervention CGT au CHSCT du 28.03.2019 en réaction au bilan de la médecine préventive :

« Dans le social, le bilan confirme les constats déjà fait. Tous les indicateurs sont dans le rouge : Augmentation des congés de longue maladie, Augmentation des demandes d’AT et de maladies professionnelles, Augmentation du stress, de l’anxiété du personnel, Augmentation des demandes de visites et de consultation médicale et psychologue après des agressions (lien nombres agressions), Augmentation de l’expression du mal être, de la perte de sens du travail… Ces éléments confirment ce que nous observons sur le terrain, auquel nous rajoutons une augmentation de la charge mentale lié notamment à un travail accru en urgence, et une augmentation de la charge de travail. Enfin, nous observons que l’ensemble des fonctions est concerné, travailleurs sociaux, médico-sociaux, administratifs, psychologues, cadres… Face à ces constats, que nous pourrions développer si nécessaires, la question n’est plus de savoir si nous faisons quelque chose mais qu’est-ce que nous faisons ? »

 

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